299 L’évolution de la science et de la technique médicales implique de nos jours le recours au corps humain considéré comme une ressource, à l’instar, mutatis mutandis, de la nature 1091. Qu’il s’agisse de prélever des organes sur un donneur sain pour les ré-implanter chez un malade, de fabriquer des médicaments à partir de cellules sanguines, de conserver des cellules de peau pour procéder à une greffe sur un grand brûlé ou des gamètes pour une assistance médicale à la procréation, de se servir de la tumeur d’un patient cancéreux pour en faire un matériel d’expérience susceptible d’aider au soin de cette personne mais aussi d’autres malades, de prélever le sang de cordon d’un nouveau-né pour soigner un enfant atteint d’une leucémie, d’exporter ou d’importer des gamètes, le corps humain est devenu un réservoir biologique à finalité thérapeutique et scientifique, très souvent stocké dans des « biobanques » qui traitent le matériel et l’information qu’il contient et le redistribuent aux chercheurs 1092. Dire que le corps humain est une ressource n’est pas nier que son utilisation cause des risques particuliers, ce qui explique que le dommage causé par un élément du corps humain ou un produit qui en est issu obéisse à des règles propres 1093.
Ici comme pour les droits de la personnalité, ce n’est pas au stade de la qualification que la question du lien du