47 La vie sociale et juridique se nourrit à la fois stabilité et de changement. Pour vivre entre eux, commercer, s’engager, transmettre, s’unir, se séparer, engendrer, etc., les hommes ont besoin de repères sur l’identité d’autrui. Plus encore, l’État, pour conférer droits et charges, a besoin de savoir qui est qui, qui se trouve où, avec qui, etc. Le repérage des personnes par leur identification revêt ainsi une fonction de police, au sens d’organisation de la vie dans la cité, qui peut avoir, selon les époques, les régimes et l’évolution des techniques d’identification, une dimension plus ou moins contraignante.
Classiquement, c’est par l’expression d’« état des personnes » que les juristes désignent les éléments caractéristiques de l’appartenance juridique d’une personne à un groupe (la cité ou la famille par exemple) ou une catégorie (homme/femme par exemple). Les éléments concernent son statut individuel ou son statut familial ou son statut politique 246. Le mot « état », qui vient du latin « status » (de « stare » « être debout »), est révélateur de la conception que le droit se fait de la notion : l’état des personnes traduit les qualités stables de la personne, c’est-à-dire les qualités qui ne changent pas suivant le lieu (ou le point de la trajectoire) où elle se trouve. Que vous soyez à Paris ou en vacances à l’étranger, que vous