312 Quand on pense aujourd’hui à la personne 1137, impossible de contourner la question des données qui émanent d’elles et qui, d’une façon directe ou indirecte, permettent de l’identifier ou de la reconnaître, autrement dit de ce qu’on appelle communément les données personnelles 1138. Devenue cruciale, cette question pourrait être aussi ce qui signe la fin, non pas bien sûr des personnes réelles, mais d’une certaine conception unitaire et homogène de la personne, pilier du droit civil par rapport auquel s’organise la summa divisio des choses et des personnes.
Le prénom, le numéro de la sécurité sociale, l’empreinte génétique, l’adresse IP de l’ordinateur 1139..., qui sont assurément des marqueurs de la personnalité de l’individu, se sont en effet à ce point autonomisés, détachés de la personne, aux fins les plus diverses, que leur rattachement à la personne juridique, point d’imputation unique de droits et d’obligations, ne semble plus aller de soi. On a plutôt l’impression d’avoir affaire ici à des choses informationnelles (donc incorporelles) et disséminées, menant leur vie propre dans des fichiers et autres bases ou banques de données. Facteur supplémentaire de complexité, nos données circulent souvent sur la toile, ce qui conduit à parler d’« identité numérique », composée d’une part d’identifiants habituellement utilisés dans le monde réel (nom, prénom, adresse