384 Introduction. – Les économistes classiques et néo-classiques sont les premiers à s’intéresser à la concurrence. Les classiques du xviie siècle et d’avant, et spécialement Adam Smith, voient dans la concurrence un processus comportemental 834. La concurrence, c’est un comportement individuel par lequel chaque agent économique essaie de pousser ses avantages et l’emporter sur ses rivaux. Par le jeu de la main invisible, la somme de ces comportements individuels conduirait naturellement à un prix proche des coûts de production et, le cas échéant, au bien-être collectif, commun et social.
385 Avec les néo-classiques de la fin du xixe et du début du xxe siècles, une lecture structurelle de la concurrence 835, qui marque aujourd’hui encore l’économie du droit, apparaît. Les néo-classiques bâtissent deux modèles théoriques de structures de marché, censés représenter l’alpha et l’oméga du bien-être social. D’un côté, le marché en « concurrence pure et parfaite », composé d’une multitude d’offreurs, optimiserait le fonctionnement de la loi de l’offre et de la demande et, partant, apporterait une contribution positive au bien-être social (§ 2). De l’autre, le marché en monopole (ou le marché cartellisé) déréglerait le fonctionnement de la loi de l’offre et de la demande et, ce faisant, nuirait lourdement au bien-être social (§ 3). Ces conclusions