La réserve et la quotité disponible sont des mesures d’ordre public qui limitent la liberté de la dévolution successorale. Le de cujus n’est en effet pas totalement libre de transmettre son patrimoine à sa convenance.
La réserve est la portion de ses biens dont une personne ne peut disposer à titre gratuit et qui revient à ses héritiers appelés les héritiers réservataires. Il s'agit de « la part des biens et droits successoraux dont la loi assure la dévolution libre de charge à certains héritiers dits réservataires s'ils sont appelés à la succession et s'ils l'acceptent. » (C. civ., art. 912), alors que la quotité disponible est acontrario la part dont le de cujus peut disposer librement. Lorsque le disposant outrepasse la quotité disponible, ses héritiers réservataires peuvent, à son décès, demander la réduction des libéralités excessives.
La réserve est en principe considérée comme d’ordre public, il n’est pas possible d’y déroger. La renonciation anticipée à l'action en réduction pour atteinte à la réserve, la donation-partage ou la possibilité d'octroyer des libéralités hors part successorale ou en avancement de part successorale portent désormais largement atteinte au caractère impératif de la réserve.
Pendant longtemps, la réserve a été considérée comme étant collective, c'est-à-dire qu'elle était collectivement transmise aux héritiers