Lorsqu’une société en sauvegarde acquiert le patrimoine de sa filiale, l’intégration fiscale transfère l’impôt sur les sociétés dû par celle-ci à la société mère. L’impôt étant exigible à la clôture de l’exercice fiscal, la créance fiscale est privilégiée si la clôture de l’exercice intervient après le jugement d’ouverture.
Cass. com., 18 mai 2022, nos 20-21852 et 20-21888, Directeur régional des finances publiques d'Île-de-France et du département de Paris c/ Stés H., MJA, ès qual. et BCM, ès qual., F-B (cassation CA Paris, 27 févr. 2020), M. Rémery, cons. doyen f. f. prés. ; SCP Foussard et Froger, SCP Piwnica et Molinié, av.
Au cours d’une période d’observation ouverte par un jugement de sauvegarde, la société en difficulté a été autorisée à acquérir, par transmission universelle, le patrimoine d’une filiale à 100 %. Cette transmission a entraîné un transfert des dettes à la société mère. La filiale en question était tenue d’une dette fiscale de plus de deux millions d’euros au titre de l’impôt sur les sociétés : cette dette s’est trouvée ainsi transférée à la société mère par l’effet de l’intégration fiscale.
La question est celle du caractère privilégié de cette créance. Ici deux interprétations sont possibles, illustrées par le pourvoi de la société débitrice :
- soit