L’aléa (étymologiquement : jeu de dès) connote un hasard favorable ou défavorable. L’aléa peut imprégner le contrat plus ou moins profondément. Entendu dans un sens strict, il en atteint le cœur même, en emportant la qualification de contrat aléatoire (I). Entendu dans un sens plus large, l’aléa est susceptible de s’insinuer (plus superficiellement) dans n’importe quel contrat, fût-il commutatif (II).
I – L'aléa stricto sensu emportant la qualification de contrat aléatoire
L’aléa qualificatif du contrat sera caractérisé en trois temps : définition (A), typologie (B) et effets (C).
L’aléa qualificatif est constitué de trois éléments cumulatifs.
1/ Un aléa événementiel : un événement incertain, dont l’éventualité est envisagée par les parties lors de la conclusion du contrat, est introduit par celles-ci dans l’économie du contrat. Le caractère incertain de l’événement peut a priori s’apprécier de deux manières : objectivement (l’événement n’est pas encore survenu au moment de la conclusion du contrat) ou subjectivement (l’événement peut s’être déjà réalisé dès lors que les parties l’ont ignoré au moment de la conclusion du contrat). On enseigne que le principe est celui de l’appréciation subjective (v. Cass. 3e civ., 7 nov. 1968 : Bull. civ. III, n° 447, se référant à un « aléa sérieux