CA Paris, 3-5, 14 oct. 2025, no 24/10294
La cour d’appel de Paris était saisie de la question de l’établissement d’un lien de filiation d’une enfant née d’une assistance médicale à la procréation (AMP) réalisée post mortem, en Espagne. La cour d’appel construit son raisonnement en deux temps.
1. La cour analyse d’abord le droit positif et mène un contrôle de proportionnalité in abstracto de la disposition légale française relative à cette situation. Elle rappelle que l’article L. 2141-2 du Code de la santé publique fait obstacle à l’établissement de la filiation d’un enfant né d’une AMP post mortem avec son parent décédé. À cet égard, il apporte une limitation au droit au respect de la vie privée et familiale de l’enfant tel que garanti par l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’Homme. Cette ingérence est prévue par la loi.
La cour d’appel revient sur la ratio legis de ce texte. La naissance dans un contexte de deuil présente des risques pour la construction identitaire et psychologique de l’enfant, qui est exposé à une forme de transfert de l’image paternelle en raison du deuil de ses proches. Le décès du géniteur rend par ailleurs plus difficilement vérifiable l’existence de son consentement à la procréation tandis que la vulnérabilité de la conjointe en deuil, exposée aux pressions familiales ou amicales, rend