Un partage qui intervient moins de 3 mois après le jugement d’homologation du changement de régime matrimonial présente un caractère hâtif permettant aux créanciers d’agir en inopposabilité par la voie de l’action paulienne, laquelle se prescrit par 5 ans à compter de la découverte de la fraude.
Cass. 1re civ., 17 févr. 2021, nos 19-17571 et 19-17631, M. X et a. c/ Époux K., Sté MCS et associés et a., F-D (rejet pourvoi c/ CA Riom, 26 mars 2019), Mme Batut, prés. ; SARL Matuchansky, Poupot et Valdelièvre, SCP Jean-Philippe Caston, SCP Yves et Blaise Capron, av.
Des époux mariés sous le régime de la communauté légale décident de changer de régime matrimonial pour adopter celui de la séparation des biens.
Leur changement de régime matrimonial est homologué par un jugement en date du 17 février 2006.
Le partage intervient 2 mois plus tard.
Aux termes de ce partage, l’épouse se voit allotir de l’ensemble des biens immobiliers communs. De son côté, l’époux, chef d’entreprise criblé de dettes et condamné au pénal pour délits financiers, se voit attribuer uniquement les parts de sa société, pourtant dépourvues de valeur dans le contexte.
La fraude, visant à faire échapper aux créanciers de l’époux les biens immobiliers communs, est manifeste.
Les créanciers lésés exercent donc une action