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Gazette du Palais

N° 14 - 9 avr. 2019

Le refus des juridictions nationales de prononcer le retour d'un enfant auprès de son père ne porte pas atteinte à la Convention européenne des droits de l'Homme

9 avr. 2019

Gazette du Palais

  • Réf : Gaz. Pal. 9 avril 2019, n° 347b1, p. 66 Copier la référence
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Auteur(s)

Flora Cassoudesalle
Avocat au barreau de Paris, BWG Associés

Thématique(s)

Auteur(s)

Flora Cassoudesalle
Avocat au barreau de Paris, BWG Associés

La Cour européenne des droits de l’Homme rappelle la primauté de l’intérêt supérieur de l’enfant qui s’apprécie aussi en tenant compte de l’intégration de ce dernier au sein de son nouvel environnement lorsqu’il s’agit de statuer sur sa résidence. Ainsi, elle a jugé que l’absence de saisine des juridictions par le père pendant plus d’une année après la séparation a engendré de facto l’acclimatation de l’enfant dans son nouvel environnement, justifiant ainsi le refus de son retour.

CEDH, 3e sect., 18 déc. 2018, no 76598/12, ECLI:CE:ECHR:2018:1218JUD007659812, Khusnutdinov and X c/ Russie, M. De Gaetano, prés. ; Mme Keller, MM. Dedov, Pastor Vilanova, Mme Poláčková, MM. Serghides, Schukking, juges

En juin 2008, un couple de ressortissants russes a quitté Moscou avec leur fille pour s’installer à Washington. La mère est, par la suite, tombée gravement malade, obligeant les parents à envoyer temporairement leur fille, alors âgée de 10 ans, chez ses grands-parents maternels à Tachkent, en Ouzbékistan. Trois semaines après le départ de l’enfant, la mère est décédée aux États-Unis avant d’être enterrée en Ouzbékistan. Un accord est alors intervenu entre le père et les grands-parents selon lequel il récupèrerait sa fille à Moscou à son retour des États-Unis, où il devait repartir pour régler des formalités. En mars 2009,