1. Définition des biens. – Entre l’être et l’avoir, entre la personne et les biens, il existe un lien naturel, psychologique, économique, sociologique... que le droit enregistre et organise, alors même que l’opposition des personnes et des biens paraît être la distinction fondamentale du système juridique. Les personnes et les biens constituent les piliers principaux du droit civil et l’ensemble des relations qui s’établissent entre eux semble dès lors constituer la toile de fond d’un « droit des biens », au sens large. À vrai dire, il faudrait d’abord distinguer les personnes et les choses, au sens le plus général de ce terme par lequel on désigne tout ce qui existe comme objet matériel ou abstrait, à l’exception des personnes. Mais comme le pensait Portalis, « les choses ne seraient rien pour le législateur sans l’utilité qu’en tirent les hommes ». Elles deviennent des biens dès qu’elles acquièrent une valeur patrimoniale et sont susceptibles d’appropriation, qu’elles soient corporelles ou incorporelles, ainsi que d’échange. Baudry-Lacantinerie et Chauveau écrivaient en 1896 que sont des biens, « toutes les choses qui, pouvant procurer à l’homme une certaine utilité, sont susceptibles d’une appropriation privée » 1. Les biens peuvent, dès lors, se définir à partir des trois critères que sont leur utilité, leur appropriabilité et leur aptitude à la
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