448 Certains considèrent que le seul vrai remède au problème foncier urbain résiderait dans la collectivisation des sols, sous la forme par exemple d’une municipalisation des sols (voir par exemple E. Pisani, Utopie foncière, Gallimard, 1977). Ils font remarquer que certains États non socialistes ont développé un fort degré de municipalisation des sols : il en va ainsi de la Suède, des Pays-Bas de l’Allemagne (de même, au Japon, la ville de Yokohama a-t-elle préparé l’aménagement de sa considérable technopole par des réserves foncières constituées pendant vingt-cinq ans).
Notre système ne s’est pas orienté dans cette direction. Cependant, les collectivités publiques, et notamment les collectivités locales, ont avec le temps accru fortement leurs interventions directes sur le marché foncier. Les textes ont facilité cet accroissement, avec le développement et la sophistication de la technique du droit de préemption.
449 Par quelles voies les collectivités publiques responsables acquièrent-elles des terrains pour les besoins de l’urbanisme ?
Elles procèdent parfois à ce que l’on peut appeler des acquisitions accidentelles, dont elles ne choisissent pas le moment en fonction de leur stratégie foncière, mais qui résultent d’opportunités diverses en lien avec l’urbanisme : par exemple, cessions gratuites de terrains à l’occasion d’opérations de construction ou de lotissement. De