782. Destruction créatrice. – Le développement exponentiel des robots auquel nous assistons et, plus généralement, de l’intelligence artificielle (IA) suscite des craintes, notamment en matière de raréfaction du travail. Ce phénomène porte un nom. Il s’agit du « concept de destruction créatrice » développé par l’économiste Joseph Alois Schumpeter (1887-1950). Selon cette théorie, une innovation de rupture due à un progrès technique rend inexorablement obsolète les compétences des salariés qui travaillent dans le domaine dans laquelle elle intervient et, par conséquent, se traduit par la disparition de leurs emplois.
783. Destruction créatrice au xixe siècle. – Le phénomène de destruction créatrice n’est pas spécifique à l’expansion de la robotique et de l’intelligence artificielle. La période allant de la fin du xviiie siècle au milieu du xixe siècle a été émaillée de révoltes fomentées par des ouvriers qui entendaient détruire les machines destinées à les remplacer. Les plus connues sont les révoltes des canuts en France (1831, 1834 et 1848) et le luddisme en Angleterre (1811-1812) qui ont opposé les ouvriers et les artisans du textile – alors principale activité industrielle – aux manufacturiers qui implantaient des machines, notamment des métiers à tisser2701. L’une des origines du mot « sabotage » serait le fait pour les ouvriers