32. Le Conseil de l’Europe joue un rôle de pacification certain, inhérent à la coopération qu’il encadre, mais il n’est pas compétent dans le domaine militaire et n’a pas, du reste, les moyens opérationnels nécessaires. L’Union européenne, de son côté, est tiraillée entre l’attachement atlantiste de certains de ses membres, et la volonté d’une politique autonome. Mais surtout, la principale puissance militaire européenne, la Russie, n’en est pas membre. Aspirée par l’hégémonie des États-Unis, et n’étant pas en situation de s’unir à la Russie, l’Europe de la défense est morcelée en une série d’institutions distinctes et, parfois, antagonistes. Elles tendent d’abord à pallier la division de l’Europe, qui abrite encore aujourd’hui une confrontation anachronique entre sa partie atlantiste et la Russie : l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe joue, difficilement, ce rôle de maintien de la sécurité à l’intérieur de l’Europe (§ 1). La défense de l’Europe à l’égard de l’extérieur, quant à elle, passe par une pluralité d’alliances et de politiques entre les États, dont il n’est pas sûr que les aspirations convergent : OTAN, U.E.O., Union européenne, neutralités, etc. (§ 2).
§ 1. La sécurité en Europe : l’OSCE
33. Forgée par le processus d’Helsinki en tant qu’instrument de coopération pacifique (A), l’OSCE est désormais une