Recherche

PDF Revue
Imprimer
Télécharger
Revue

Gazette du Palais

N° 115 - 25 avr. 2015

Une condamnation pénale sur la base d'une nouvelle loi qui couvre des agissements antérieurs à celle-ci mais constitutifs d'infraction continuée n'est pas contraire au principe de non-rétroactivité de la loi pénale

25 avr. 2015

Gazette du Palais

  • Réf : Gaz. Pal. 25 avril 2015, n° 221w9, p. 18 Copier la référence
  • id : GPL221w9 Copier l'id

Auteur(s)

Joël Andriantsimbazovina
Agrégé des facultés de droit, professeur à la faculté de droit de Toulouse, université Toulouse 1 - Capitole, doyen honoraire de la faculté de droit, de sciences politiques et de gestion de La Rochelle

Thématique(s)

Auteur(s)

Joël Andriantsimbazovina
Agrégé des facultés de droit, professeur à la faculté de droit de Toulouse, université Toulouse 1 - Capitole, doyen honoraire de la faculté de droit, de sciences politiques et de gestion de La Rochelle

L’arrêt Rohlena précise les conditions dans lesquelles une nouvelle infraction introduite par la loi s’applique à des faits antérieurs à cette loi sans violation du principe de non-rétroactivité de la loi pénale dès lors que ces faits sont constitutifs d’une infraction pénale continuée.

CEDH, gde ch., 27 janv. 2015, no 59552/08, Rohlena c/ République tchèque

Entre 2000 et février 2006, M. Rohlena maltraitait son épouse lorsqu’il était sous l’emprise de l’alcool ; il battait également ses enfants. En 2007, il sera jugé coupable par le tribunal municipal de Brno pour « maltraitance sur personne vivant sous le même toit », une infraction introduite dans le Code pénal tchèque par une loi du 1er juin 2004. Il sera condamné à deux ans d’emprisonnement avec sursis assorti d’un délai d’épreuve de cinq ans, d’une surveillance et de traitement antialcoolique. Cette condamnation concerne l’ensemble de ses actes commis pendant la période 2000 à 2006. Dans les dispositions du Code pénal en vigueur avant la loi du 1er juin 2004, les actes concernés étaient constitutifs de « violences contre un individu ou un groupe d’individus » et de « coups et blessures ».

Débouté de tous les recours internes, y compris devant la Cour constitutionnelle, M. Rohlena a saisi la Cour européenne des droits de l’Homme. Il estimait que