165. Une vue schématique. – Peu de questions ont été plus agitées que celle de la justification du droit de propriété ; elle dépasse le juriste 560. Plus encore que toute autre institution, elle a des fondements nombreux et complexes : théologique 561, philosophique, économique, politique, historique, géographique, psychologique et moral. On n’en donnera ici qu’une vue schématique, n’en retenant que trois aspects : l’épanouissement de la personne, le développement économique et la paix sociale.
La question est liée à des données politiques et économiques qui varient avec les temps. La propriété a, jadis et naguère, été souvent contestée 562. Mais on ne peut parler des fondements de la propriété privée de la même manière en 1945 et en 2005, après la faillite du marxisme-léninisme en Russie puis dans l’Europe de l’Est.
On voit souvent dans la propriété un épanouissement de la personne, un stimulant économique et un facteur de paix sociale ; mais ici comme partout, ce qui la justifie, c’est l’esprit de mesure, ce qui la condamne, c’est la démesure.
166. 1º La propriété et la personne. – La propriété, dit-on souvent, assure l’autonomie de la personne et l’épanouissement de la personnalité. Surtout, elle serait le prolongement et la garantie de la liberté humaine : il n’existerait pas de liberté là où il n’y a pas