Lorsqu'un manquement contractuel a privé l'un des cocontractants de la possibilité de renoncer à un contrat, il y a lieu, pour apprécier le préjudice qui en est résulté, de déterminer si le contrat d'assurance-vie ne constituait pas, avec un prêt in fine auquel il est adossé, un ensemble interdépendant dont la caducité aurait alors été constatée.
Cass. 1re civ., 4 déc. 2024, no 23-16995, Épx G. c/ M. R., F-D (cassation partielle CA Grenoble, 14 mars 2023) : RGDA janv. 2025, n° RGA202e3, note L. Mayaux
1. En juillet 2000, des époux ont souscrit auprès d’une banque du Groupe CIC un prêt in fine d’un montant de l’ordre de 205 000 €, remboursable en une seule échéance différée qui a été fixée au 15 février 2012.
Ce prêt était garanti par le nantissement d’un contrat d’assurance-vie collectif sur lequel ils ont versé une prime de près de 115 000 €.
En juin 2009, les époux constatèrent une forte baisse (la crise boursière de 2008 était passée par là…) affectant fortement le placement effectué sur le contrat d’assurance-vie.
Ils ont alors saisi un avocat afin d’assigner la banque en responsabilité, pour manquement à son devoir de conseil. Ils sollicitèrent :
- d’une part, la déchéance du droit de l’organisme prêteur aux intérêts du prêt in fine ;
- d’autre part, la résiliation de ce prêt ;
- outre la restitution des sommes