853 Histoire des mesures de sûreté. Jusqu'à récemment dans l'histoire de la peine en droit français, il n'existait pas d'« après », une fois la peine prononcée et exécutée. Il n'existait pas non plus d'alternative judiciaire lorsque la peine ne pouvait être prononcée. Afin d'assurer une surveillance après l'exécution de la peine ou indépendamment de son prononcé et d'étendre ainsi « l'ombrelle pénale », le législateur a créé une nouvelle catégorie de sanctions pénales dénommées par ses soins « mesures de sûreté ». Il serait cependant erroné de penser que les mesures de sûreté sont nées sous la plume du législateur, ce qui nous conduit à parcourir brièvement l'histoire de la mesure de sûreté qui est marquée par cinq moments.
La mesure de sûreté est associée à l'École positiviste et, plus précisément aux travaux de Cesare Lombroso, professeur de médecine légale à l'université de Turin. Dans son ouvrage L'homme criminel, dont la première édition date de 1896 et dans lequel il expose sa « théorie du criminel-né », dénommée ainsi par un de ses disciples Enrico Ferri, il propose des mesures de sûreté disjonctives permettant d'écarter par anticipation, c'est-à-dire ante delictum, les personnes identifiées comme étant susceptibles de commettre des infractions car porteuses des « stigmates » du crime. Ces mesures avaient pour particularité d'être