180 Notion de repentir. Les scrupules ou remords du délinquant sont-ils pris en compte en droit pénal français ? Lorsqu'ils sont très précoces et qu'ils interviennent après le commencement d'exécution et avant la consommation de l'infraction, ils constituent un désistement volontaire et empêchent que puisse être retenue une tentative punissable, les conditions de l'article 121-5 du Code pénal n'étant dès lors pas réunies 855. Lorsqu'ils interviennent après une infraction consommée, ils constituent ce qu'il convient d'appeler un repentir (A). Le champ d’application de celui-ci (B) ainsi que ses conséquences juridiques (C) sont légalement définis.
181 Définition. Le repentir peut être défini comme le « regret d'avoir commis une faute, une action » 856 et peut se manifester de différentes manières (la présentation d'excuses, la réparation du préjudice subi...). Il sera utilement rappelé qu'en droit français, le repentir n'a pas d'incidence sur la constitution de l'infraction puisqu'il intervient nécessairement après. Or, la consommation de l'infraction ou la « cristallisation de l'infraction » 857 est marquée par son caractère irréversible. Aussi le repentir ne peut-il avoir de conséquence sur la déclaration de culpabilité qui interviendra néanmoins. En dehors de la possibilité d'une dispense de peine 858, le repentir peut jouer