Cass. com., 9 juin 2015, nos 14-15074, 14-15123 et 14-15592, F-PB
Cass. com., 30 mars 2016, nos 14-21750, 14-20897, 14-20899, 14-20900 et 14-20902
Parmi les multiples ramifications du contentieux suscité par les conséquences du moratoire sur la filière solaire photovoltaïque résultant du décret du 9 décembre 20101, la position de la Cour de cassation quant à une éventuelle responsabilité civile d’ERDF était très attendue, tant les demandes en ce sens ont été nombreuses, dès lors que le moratoire a, dans certains cas, conduit à abandonner les projets, voire, quelquefois, précipité la faillite des intéressés. Elle était d’autant plus importante que, parallèlement, le contentieux de légalité à l’encontre du décret avait échoué il y a déjà plusieurs années2 et que toute responsabilité de l’État a été écartée quelques mois plus tard par le Conseil d’État (v. infra, II, C). Le contentieux indemnitaire engagé à l’encontre d’ERDF aura donc finalement été la seule planche de salut pour les entreprises concernées.
La Cour de cassation a en effet admis la responsabilité d’ERDF résultant de son retard dans la transmission de la proposition technique et financière (PTF), ayant conduit de nombreuses entreprises à tomber sous le coup du moratoire auquel elles auraient échappé si leurs demandes avaient été traitées dans les temps. Il faut en effet rappeler que