Alors que, récemment, la chambre sociale de la Cour de cassation a introduit une distinction entre la vie privée et la vie personnelle, l’arrêt commenté, rendu par la même chambre, retient que la relation amoureuse qu’entretiennent une salariée et son supérieur hiérarchique relève nécessairement de l’intimité de la vie privée, entraînant la nullité du licenciement de la salariée.
Cass. soc., 4 juin 2025, no 24-14509, F–D (cassation partielle sans renvoi CA Versailles, 30 nov. 2023)
La révélation récente de la vidéo d’un PDG américain surpris en train d’embrasser sa maîtresse, DRH dans son entreprise, lors d’un concert de Coldplay, aura suscité une effervescence sur la toile pendant plusieurs jours. Dévoilés d’abord sur les réseaux sociaux, les faits devaient ensuite être relayés par les chaînes d’information continue, atteignant ainsi une exposition maximale. La divulgation de cette kiss cam aurait pu ne rester qu’un épisode du feuilleton sentimental des deux tourtereaux. Cependant, la question de ce que le droit (du travail) dit des relations amoureuses connaît un intérêt grandissant. La frontière entre vie personnelle et vie professionnelle peut parfois sembler poreuse, particulièrement dans un contexte où l’intimité du salarié interfère avec la vie de l’entreprise. C’est précisément ce que révèle la décision commentée, rendue le 4 juin