CE, 3e et 8e ch. réunies, 27 déc. 2019, no 422958, ECLI:FR:CECHR:2019:422958.20191227, Mentionné aux Tables du Recueil Lebon, S. Monteillet, rapp. ; M-G. Merloz, rapp. pub.
Dans le cadre du contrôle de régularité et de conformité à la loi qu'il lui incombe d'exercer, le ministre de l’agriculture et de l’alimentation peut, pour tenir compte de l'intérêt économique général des opérateurs économiques dont les activités sont liées aux produits concernés par les cotisations demandées, rechercher si ces cotisations étaient manifestement disproportionnées au regard de la situation financière de la filière. Toutefois, le refus du ministre d'étendre un avenant augmentant certaines contributions volontaires obligatoires dans la filière viticole d’une part, au motif que le contexte économique est particulièrement contraint pour les viticulteurs du fait d'une récolte historiquement faible en 2017, et d'autre part, au motif que l’organisation demandant l’extension de l’avenant, disposait d'un montant de réserves supérieur à 4 millions d'euros, n’est pas régulier : le ministre n'apporte aucun élément de nature à établir une disproportion manifeste au regard de la situation financière de la filière. En outre, le motif tiré de l'existence de réserves importantes ne pouvait justifier par lui-même légalement le refus opposé, en l'absence d'éléments de nature à établir que de telles