La Cour européenne des droits de l’Homme a validé la publication, dans la presse, du contenu d’une écoute téléphonique judiciaire entre un ancien ministre de l’Intérieur et sa fille, dont l’identité était révélée dans l’article alors qu’elle n’était pas elle-même une personnalité publique.
CEDH, sect. V, 11 sept. 2025, no 28473/22, Charki c/ France : consultable sur https://lext.so/alNJW8
Selon la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH), la protection de la réputation et de la vie privée d’une personne publique, notamment d’un responsable politique, est moindre que celle d’un simple particulier. La limite de sa critique admissible est également plus élevée. Le fondement de cette différence de traitement repose sur le choix fait par cette personne de s’engager dans le débat public, de s’y exposer à la vue et au contrôle de tous et, partant, de descendre volontairement dans « l’arène » qu’est la vie politique (CEDH, plén., 8 juill. 1986, n° 9815/82, Lingens c/ Autriche – CEDH, 23 avr. 1992, n° 11798/85, Castells c/ Espagne).
Dès lors, on comprend que le traitement réservé aux proches d’un responsable public doit être différencié : un enfant, un conjoint, un ami, n’a pas forcément l’âme d’un gladiateur des temps modernes et n’a pas fait, lui, le choix de la vie publique. Sa protection doit