CE, 7è et 2è ch. réunies, 17 oct. 2025, no 505689, Lebon, F.-X. Bréchot, rapp. ; N . Labrune, rapp. pub.
La contestation par un électeur du refus du Premier ministre de constater l'inéligibilité d'un membre du Parlement européen et de mettre fin à son mandat a le caractère d'une protestation électorale.
En premier lieu, en vertu de l'article 14 du traité sur l'Union européenne (TUE), les membres du Parlement européen, représentants des citoyens de l'Union européenne résidant en France, participent au processus législatif de l'Union européenne par l'adoption d'actes relevant de l'ordre juridique de l'Union, intégré à l'ordre juridique interne en application de l'article 88-1 de la Constitution. Ils disposent en outre, en vertu de l'article 17 du traité sur l'Union européenne, d'importants pouvoirs de contrôle de la Commission européenne, notamment lors de son investiture ou pour l'adoption d'une motion de censure. Ils jouissent enfin, à raison de leur mandat, de privilèges et immunités spécifiques en vertu du protocole du 8 avril 1965 sur les privilèges et immunités des Communautés européennes. En particulier, ils bénéficient sur le territoire national, pendant la durée des sessions du Parlement européen, des immunités reconnues aux députés et sénateurs. De même, ils ne peuvent être recherchés, détenus ou poursuivis en raison des opinions ou votes émis par eux