La diminution de la libido d’une victime en raison de la prise d’un traitement psychotrope est réparable au titre du préjudice sexuel.
Cass. crim., 22 mai 2024, no 23-82958, Mme V. c/ M. C., F-D (cassation partielle CA Rouen, 28 mars 2023)
L’espèce concernait la victime d’un accident qui, en raison des conséquences de celui-ci sur sa santé mentale, prenait un traitement psychotrope à l’origine d’une diminution de sa libido.
Alors que le rapport d’expertise retenait clairement l’existence d’un préjudice sexuel, la cour d’appel déboutait cependant la victime de sa demande à ce titre, cette dernière ne souffrant d’aucune atteinte à ses organes sexuels ni à sa capacité physique à avoir une activité sexuelle ou à procréer.
En cassant la décision des juges du fond, la Cour de cassation rappelle que l’altération de la libido trouvant son origine dans la prise d’un traitement psychotrope consécutivement à l’accident doit être indemnisée au titre du préjudice sexuel, et confirme ainsi une conception large de ce poste de préjudice (v. déjà Cass. 2e civ., 24 mai 2017, n° 16-17563 : Gaz. Pal. 7 nov. 2017, n° 306j1, p. 65, note D. Zegout).