Épilogue dans l’affaire de la « montagne de déchets » à Limeil-Brévannes : l’État ne pouvait pas exiger des collecteurs transporteurs de déchets qu’ils financent la remise en état du site et les sommes versées à l’ADEME doivent être remboursées par l’État.
CE, 2 juin 2023, no 450086, Min. de la Transition écologique c/ Paprec Île-de-France, Lebon T., M. Schwartz, prés., M. Bachini, rapp., M. Agnoux, rapp. pub. ; SCP Boré, Salve de Bruneton, Mégret, SCP Célice, Texidor, Périer, av.
I. Sur l’abandon de déchets par l’exploitant d’une ICPE et la recherche de responsables
En 2005, la société LGD Développement a été autorisée au titre de la législation installations classées pour la protection de l'environnement (ICPE) à exploiter un centre de tri et de transit de déchets de chantiers à Limeil-Brévannes. Méconnaissant ses prescriptions de fonctionnement, le préfet l’a mis en demeure puis a suspendu l’activité en 2010. D’imposantes quantités de déchets furent abandonnées sur site, déclenchant des départs d’incendie.
Après la liquidation judiciaire de l’exploitant, l’État a mandaté l’ADEME pour évacuer ces déchets, aux frais des personnes responsables : 19,5 millions euros ont été dépensés. Les services de l’État ont alors sollicité les entreprises figurant dans le « fichier client » de