CE, 8è et 3è ch. réunies, 20 sept. 2022, no 461477, ministre de l'économie, des finances et de la relance c/ SARL Picvert, Lebon T. (annulation arrêt CAA Douai, 27 janv. 2022), F.-R. Burnod, rapp. ; R. Victor, rapp. pub.
En l’espèce, une société a commercialisé non seulement des salades issues de sa propre production, mais aussi des salades qu'elle achète auprès de tiers, notamment d'une filiale établie au Portugal. Ces achats pour revendre, qui ne s'inscrivent pas dans le cycle biologique de la production végétale, n'ont pas pour seul objet de compenser les variations saisonnières de sa production mais étant réalisés dans des proportions similaires tout au long des années d'imposition en litige. Les salades ainsi achetées à des tiers sont conditionnées dans le même atelier et à l'aide des mêmes équipements que celles issues de la production de la société et ne font aucunement l'objet d'une commercialisation distincte, mais entrent, avec les variétés produites par l'entreprise, dans la composition des mélanges, unique produit que celle-ci offre à la vente.
La société commercialise ainsi uniquement des mélanges de salades conditionnées dans la composition desquels entrent des produits non issus de l'exploitation. Alors que la société indique elle-même que le prix d'acquisition des salades auprès de tiers représente environ 30 % de son chiffre d'affaires,