C’est à la date à laquelle la fixation de la cessation des paiements est requise que les juges doivent se placer pour apprécier l’impossibilité pour le débiteur de faire face à son passif exigible avec son actif disponible. Si, à cette date, l’une de ses dettes demeure incertaine, elle ne peut être incluse dans le passif exigible.
Cass. com., 9 déc. 2020, no 19-14437, ECLI:FR:CCASS:2020:CO00738, Sté Axyme ès qual. liq. jud. de Sté Chiquita compagnie des bananes c/ Sté Chiquita Europe BV et Proc. gén. près CA Paris, F–PB (rejet pourvoi c/ CA Paris, 18 oct. 2018), M. Rémery, prés. ; SCP Piwnica et Molinié, et SCP Gatineau, Fattaccini et Rebeyrol av. : LEDEN févr. 2021, n° 113z1, p. 2, obs. C. Maréchal Pollaud-Dulian
Chacun le sait, une créance litigieuse ne peut être incluse dans le passif à prendre en compte pour apprécier l’état de cessation des paiements d’un débiteur1. Il en va ainsi, qu’il s’agisse de considérer l’éligibilité de ce dernier à telle ou telle procédure collective ou qu’il s’agisse de fixer la date de cessation des paiements dans les procédures de redressement ou de liquidation judiciaire. Une question à laquelle la Cour de cassation n’avait, à notre connaissance, jamais eu à répondre, est celle de savoir à quel moment le juge doit se placer pour fixer