Cass. 3e civ., 25 janv. 2024, no 22-16583, F–D (rejet pourvoi c/ CA Grenoble, 10 mars 2022)
Faits et procédure. Une société bailleresse a consenti à la société locataire des baux commerciaux sur des locaux dépendant d’un même immeuble.
Un an après le début du bail, la locataire a quitté les biens donnés à bail et a cessé le paiement des loyers.
Par lettre recommandée avec demande d’avis de réception, la locataire a justifié son départ par les agissements du gérant de la société bailleresse, lui reprochant de s’être régulièrement introduit dans les locaux loués et d’y avoir eu des comportements déplacés envers plusieurs de ses salariées.
La bailleresse a assigné la locataire en paiement des loyers postérieurs au départ de celle-ci.
La locataire a reconventionnellement sollicité le prononcé de la résiliation des baux.
La cour d’appel a prononcé la résiliation des baux et la bailleresse s’est pourvue en cassation.
Réponse de la cour. La cour d’appel a retenu qu’il résultait des pièces versées aux débats qu’à l’occasion de visites journalières dans les locaux loués, le gérant de la société bailleresse avait eu des gestes déplacés à l’égard des salariées de la locataire, lesquelles évoquaient des contacts physiques inappropriés, voire des attouchements, des propos à connotation sexuelle et un sentiment de malaise