Cass. 1re civ., 22 sept. 2016, no 15-18858, ECLI:FR:CCASS:2016:C100963, M. X et a. c/ Sté Nordea Bank et a., F–PB (cassation partielle CA Aix-en-Provence, 17 avr. 2015), Mme Batut, prés. – SCP Nicolaý, de Lanouvelle et Hannotin, SCP Odent et Poulet, SCP Yves et Blaise Capron, av.
En vertu de l'article L. 137-2 du Code de la consommation, l'action des professionnels, pour les biens ou les services qu'ils fournissent aux consommateurs, se prescrit par deux ans et ne perd pas la qualité de consommateur la personne physique qui, agissant à des fins qui n'entrent pas dans le cadre de son activité commerciale, industrielle, artisanale ou libérale, souscrit un prêt de nature spéculative.
Une banque consent à deux époux un prêt assorti d'un taux d'intérêt variable et garanti par une hypothèque. La banque notifie aux emprunteurs la déchéance du terme, avant de leur délivrer un commandement de payer valant saisie immobilière, puis de les assigner devant le juge de l'exécution.
Viole le texte susvisé la cour d’appel qui, pour déclarer non prescrite l'action en recouvrement de la banque, retient que le prêt litigieux devait être financé grâce à une opération spéculative, l'acceptation de l'aléa au coeur du marché boursier conduisant à exclure les dispositions favorables d'une prescription abrégée dérogatoire au droit commun, réservée à des contrats énumérés par le législateur