Cass. 1re civ., 10 avr. 2013, no 11-28406, FS–PBI (rejet pourvoi c/ CA Aix-en-Provence, 20 oct. 2011), M. Charruault, prés. – Me Le Prado, SCP Waquet, Farge et Hazan, av.
Un médecin affiche sur la porte de la salle d'attente de son cabinet de consultation, lieu public par destination, le jugement correctionnel condamnant son associé pour abus de confiance, en une version expurgée, et précédée de la mention par laquelle il informe ainsi les patients de sa séparation d'avec celui-ci.
Justifie légalement sa décision la cour d'appel qui, pour le condamner sous astreinte à faire cesser l'affichage du jugement, relève qu'a été supprimé le passage relatif à l'argumentation par laquelle l’associé a plaidé sa relaxe, et omise l'indication que celui-ci a relevé appel de la décision, puis énonce exactement que l'atteinte portée à la présomption d'innocence est réalisée chaque fois qu'avant sa condamnation irrévocable une personne est publiquement présentée comme nécessairement coupable des faits pénalement répréhensibles pour lesquels elle est poursuivie, ajoutant que l'affichage d'une décision de justice ne peut s'assimiler à l'immunité propre dont bénéficie celui qui se livre au compte-rendu de débats judiciaires, une telle activité devant du reste être menée avec fidélité et bonne foi, conditions que démentent les expurgations opérées sur la pièce affichée, faisant