Cet article a été publié dans le cadre du dossier « - Loi Macron et procédure collective : réactions et perspectives - » du Bulletin Joly Entreprises en difficulté.
La désignation de plusieurs administrateurs ou mandataires judiciaires apparaît comme un instrument susceptible d’améliorer le traitement des difficultés dans des procédures complexes. La loi Macron facilite le recours à un tel co-mandat de justice. Elle élargit le cercle des personnes pouvant demander une désignation plurale et impose le recours au co-mandat en cas de pluralité d’établissements et, sous certaines conditions, dans les groupes de sociétés.
La loi n° 2015-990 du 6 août 2015 pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques encourage une pratique qui s’était discrètement développée depuis quelques années : celle du co-mandat1, c’est-à-dire de la désignation, dans une procédure, de plusieurs administrateurs et/ou de plusieurs mandataires judiciaires.
Ce co-mandat, pratiqué par les tribunaux de commerce, avait été reconnu par la Cour de cassation, en cas de désignation de plusieurs commissaires à l’exécution du plan2 puis de plusieurs représentants des créanciers3. La loi n° 2003-7 du 3 janvier 2003 avait ensuite consacré la possibilité de désigner plusieurs administrateurs et plusieurs représentants des créanciers. La loi Macron l’ouvre aujourd’hui