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L'ESSENTIEL Droit de la famille et des personnes

N° 02 - 1 févr. 2024

Recevabilité des preuves déloyales en matière civile, un revirement attendu

1 févr. 2024

L'ESSENTIEL Droit de la famille et des personnes

  • Réf : LEFP févr. 2024, n° DFP202a9 Copier la référence
  • id : DFP202a9 Copier l'id

Auteur(s)

Fanny Rogue
Maître de conférences à l'université de Caen Normandie

Thématique(s)

Auteur(s)

Fanny Rogue
Maître de conférences à l'université de Caen Normandie

« (…) il y a lieu de considérer désormais que, dans un procès civil, l’illicéité ou la déloyauté dans l’obtention ou la production d’un moyen de preuve ne conduit pas nécessairement à l’écarter des débats ».

La question de l’admission des preuves illicites ou déloyales en matière civile anime les débats doctrinaux et jurisprudentiels depuis plusieurs années (Cass. soc., 8 mars 2023, n° 21-17802 : LEFP avr. 2023, n° DFP201k8, obs. F. Rogue – Cass. soc., 8 mars 2023, n° 21-12492 : LEFP mai 2023, n° DFP201m5, obs. F. Rogue – Cass. 2e civ., 25 mars 2021, n° 18-18824 : LEFP mars 2021, n° DFP200a5, obs. F. Rogue – Cass. soc., 30 sept. 2020, n° 19-12058 : LEFP nov. 2020, n° DFP113d4, obs. F. Rogue).

L’assemblée plénière, par un revirement de jurisprudence, admet qu’une preuve déloyale n’est pas par principe irrecevable, à l’occasion d’un contentieux relatif à la validité d’un licenciement pour faute grave.

En l’espèce, une société, employant un salarié travaillant à domicile, avait produit des enregistrements clandestins pour justifier du caractère réel et sérieux du licenciement. Ces preuves, déloyales, avaient été déclarées irrecevables par les juges du fond.