Seule la contestation du refus d’abroger une obligation de quitter le territoire français est recevable et motivée ; le refus de séjour produit tous ses effets et ne peut être retiré.
CE, avis, 2e et 7e ch. réunies, 13 nov. 2025, no 506583, Lebon
Dans l’avis rendu le 13 novembre 2025, le Conseil d’État clarifie l’articulation entre décision de refus de séjour et décision d’obligation de quitter le territoire français (OQTF) : le refus de séjour produit tous ses effets juridiques dès son entrée en vigueur.
Contrairement à certaines approches antérieures, la demande d’abrogation de ces décisions combinées n’est pas automatique lors du recours pour excès de pouvoir.
Elle suppose la démonstration de circonstances nouvelles de droit ou de fait. Cette lecture, conforme à la logique du droit administratif français, renforce l’exigence de « nouveauté » pour mettre en cause des décisions aujourd’hui définitives.
Cela invite les praticiens à argumenter finement sur les éléments nouveaux invocables, qu’ils relèvent de la situation familiale, professionnelle ou de l’évolution des conditions personnelles de l’étranger.
Cette évolution jurisprudentielle s’inscrit dans une continuité doctrinale qui, depuis plusieurs années, met l’accent sur la distinction formelle entre les décisions initiales et leurs refus d’abrogation : une demande