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Gazette du Palais

N° 06 - 22 févr. 2022

Les habits neufs de l'enquête préliminaire

À propos de la loi n° 2021-1729 du 22 décembre 2021

22 févr. 2022

Gazette du Palais

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Auteur(s)

Stéphane Detraz
Undefined, maître de conférences à l'université Paris-Saclay, faculté Jean-Monnet, IDEP

Thématique(s)

Auteur(s)

Stéphane Detraz
Undefined, maître de conférences à l'université Paris-Saclay, faculté Jean-Monnet, IDEP

La loi pour la confiance dans l’institution judiciaire modifie le régime général de l’enquête préliminaire. D’une part, elle lui assigne une durée maximale de deux (ou trois) ans, à peine de nullité des actes accomplis hors délai. D’autre part, elle permet plus amplement à la personne mise en cause (ainsi qu’au plaignant) d’accéder au dossier de la procédure et de demander la réalisation d’actes d’investigation.

L. n° 2021-1729, 22 déc. 2021, pour la confiance dans l’institution judiciaire, NOR : JUSX2107763L, art. 2 : JO, 23 déc. 2021

1. L’enquête préliminaire inquiète. De son origine officieuse et quasi-administrative1, elle a longtemps conservé cette touche kafkaïenne lui donnant des airs de procédure clandestine, arbitraire, hermétique. Des réformes successives l’ont certes inscrite dans la modernité (notamment avec l’accès conditionné au dossier : CPP, art. 77 et 77-2 anc.), jusqu’à autoriser l’annulation des perquisitions et saisies nonobstant l’absence de mise en mouvement consécutive de l’action publique (CPP, art. 802-2). Mais ces évolutions sont, pour la plupart, communes à l’enquête de flagrance, qui est quant à elle éphémère. À l’inverse, l’enquête préliminaire, classiquement, peut s’éterniser, peut se dérouler sans mise en cause formelle de la personne pourtant d’ores et déjà soupçonnée (il