Après avoir affirmé que le fait que la SARL soit soumise à des règles de publicité légale n’exclut pas qu’elle soit engagée sur le fondement de la théorie du mandat apparent, la Cour de cassation précise le domaine d’application de celle-ci, admettant le cas de la croyance légitime du tiers aux pouvoirs du prétendu mandataire si les circonstances l’autorisaient à ne pas vérifier lesdits pouvoirs.
Cass. com., 9 mars 2022, no 19-25704, Sté Cofimo c/ Sté Océanis promotion, F-D (rejet pourvoi c/ CA Aix-en-Provence, 17 oct. 2019), M. Mollard, cons. doyen f. f. de prés. ; SCP Boullez, SCP Gatineau, Fattaccini et Rebeyrol, av. : BJS mai 2022, n° BJS200z9, note B. Dondero
L’arrêt commenté constitue une illustration de la théorie du mandat apparent en droit des sociétés. Par principe, l’acte accompli par un représentant sans pouvoir ou au-delà de ses pouvoirs est inopposable à la personne qu’il représente. Néanmoins, à des fins de protection des intérêts des tiers, la jurisprudence a développé la théorie du mandat apparent en vertu de laquelle une personne peut se trouver engagée lorsque la croyance du tiers aux pouvoirs du prétendu mandataire a été légitime. Cette construction prétorienne a, depuis, été consacrée au nouvel article 1156 du Code civil.
Les faits de l’arrêt remontent à 2013, lorsque la SAS