Recherche

PDF Revue
Imprimer
Télécharger
Revue

Gazette du Palais

N° 12 - 23 mars 2021

Retour sur la nature de la présomption d'acquittement quotidien des charges du mariage

23 mars 2021

Gazette du Palais

  • Réf : Gaz. Pal. 23 mars 2021, n° 400w9, p. 56 Copier la référence
  • id : GPL400w9 Copier l'id

Auteur(s)

Sylvain Bernard
Docteur en droit, maître de conférences à l'université Jean Monnet Saint-Étienne, membre du CERCRID (CNRS UMR 5137)

Thématique(s)

Auteur(s)

Sylvain Bernard
Docteur en droit, maître de conférences à l'université Jean Monnet Saint-Étienne, membre du CERCRID (CNRS UMR 5137)

L’arrêt rendu le 18 novembre 2020 énonce que lorsque la clause de présomption d’acquittement quotidien des charges du mariage est qualifiée de présomption irréfragable, un époux ne peut, au soutien d’une demande de créance, être admis à prouver l’excès de sa contribution.

Cass. 1re civ., 18 nov. 2020, no 19-15353, ECLI:FR:CCASS:2020:C100712, M. W. c/ Mme M. épouse W., FS-PB (cassation partielle  CA Nîmes, 20 févr. 2019), Mme Batut, prés. ; SCP Alain Bénabent, SCP Boré, Salve de Bruneton et Mégret, av.

La présente décision1 vient conclure une année 2020 qui s’est révélée riche s’agissant de la saga jurisprudentielle relative à la portée des clauses de présomption d’acquittement quotidien des charges du mariage.

Les faits étaient relativement classiques, puisque des époux séparés de biens avaient inséré dans leur contrat de mariage une clause de style selon laquelle « chacun d’eux sera réputé avoir fourni au jour le jour sa part contributive, en sorte qu’ils ne seront assujettis à aucun compte entre eux ni à retirer à ce sujet aucune quittance l’un de l’autre ». Au cours du mariage, un déséquilibre est apparu dans le financement de l’emprunt qui avait permis l’édification du logement familial. L’épouse, qui estimait avoir contribué au-delà de sa part contributive, souhaitait dès lors bénéficier