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Gazette du Palais

N° 25 - 10 juil. 2018

Le refus de juridictions nationales de juger de faits de torture commis dans un État étranger ne viole pas le droit d'accès à un tribunal

10 juil. 2018

Gazette du Palais

  • Réf : Gaz. Pal. 10 juill. 2018, n° 325h5, p. 25 Copier la référence
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Auteur(s)

Joël Andriantsimbazovina
Agrégé des facultés de droit, professeur à la faculté de droit de l'université Toulouse 1 - Capitole, doyen honoraire de la faculté de droit, de sciences politiques et de gestion de La Rochelle, Institut de recherche en droit européen, international et comparé - Centre d'excellence Jean Monnet

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Auteur(s)

Joël Andriantsimbazovina
Agrégé des facultés de droit, professeur à la faculté de droit de l'université Toulouse 1 - Capitole, doyen honoraire de la faculté de droit, de sciences politiques et de gestion de La Rochelle, Institut de recherche en droit européen, international et comparé - Centre d'excellence Jean Monnet

L’arrêt de grande chambre Naït-Liman c/ Suisse confirme l’arrêt de chambre qui considère que le refus des tribunaux suisses de juger de faits de torture commis en Tunisie ne méconnaît pas le droit d’accès à un tribunal.

CEDH, gde ch., 15 mars 2018, no 51357/07, ECLI:CE:ECHR:2018:0315JUD005135707, Naït-Liman c/ Suisse, Guido Raimondi, prés. : Gaz. Pal. 20 mars 2018, n° 313q2, p. 38 ; JCP G 2018, 360, zoom par Milano L.

Était en cause dans cette affaire le refus des juridictions suisses d’examiner l’action civile de M. Naït-Liman en réparation du préjudice moral résultant d’actes de torture que le requérant allègue avoir subi en Tunisie.

Le requérant a été arrêté en Italie en 1992. Considéré comme un danger pour la sécurité de l’État italien, il a été remis au consulat de Tunisie à Gênes. II a été transféré en Tunisie où il fut torturé dans les locaux du ministère de l’Intérieur sur ordre du ministre de l’Intérieur de l’époque. Il a pu s’échapper de Tunisie en 1993 et a trouvé refuge en Suisse où le statut de réfugié lui a été octroyé en 1995. Il obtint la nationalité suisse en 2007.

Apprenant l’hospitalisation du ministre de l’Intérieur de la Tunisie en Suisse en 2001, il déposa une plainte pénale contre celui-ci devant le procureur général du canton de Genève. Il se constitua partie civile. La plainte a été