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Bulletin Joly Travail

N° 01 - 1 janv. 2022

Faute inexcusable de l'employeur : quelle prescription retenir pour l'action de la caisse contre l'assureur de l'employeur ?

1 janv. 2022

Bulletin Joly Travail

  • Réf : BJT janv. 2022, n° BJT200w1 Copier la référence
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Auteur(s)

Dominique Asquinazi-Bailleux
Professeur à l'université Jean Moulin (Lyon 3), membre de l'équipe de droit privé (EA 3707)

Thématique(s)

Auteur(s)

Dominique Asquinazi-Bailleux
Professeur à l'université Jean Moulin (Lyon 3), membre de l'équipe de droit privé (EA 3707)

L’intérêt de cet arrêt se mesure aux difficultés d’articulation entre le Code de la sécurité sociale, le Code des assurances et le Code civil. Le droit commun a vocation à jouer en l’absence de texte spécifique applicable. C’est la mauvaise leçon que nous donne cet arrêt destiné à la publication.

En matière d’accident du travail et de maladies professionnelles, l’employeur bénéficie d’une immunité civile qui cède partiellement lorsque la victime établit sa faute inexcusable (CSS, art. L. 451-1). Ainsi, en application de l’article L. 452-1 du Code de la sécurité sociale, lorsque l’accident est dû à la faute inexcusable de l’employeur, la victime ou ses ayants droit ont droit à la réparation de préjudices complémentaires. Afin de protéger la victime du risque d’insolvabilité de l’employeur, le troisième alinéa de L. 452-3 du Code de la sécurité sociale précise que « la réparation de ces préjudices est versée directement aux bénéficiaires par la caisse qui en récupère le montant auprès de l’employeur ». Par une décision importante sur QPC, le Conseil constitutionnel a jugé que l'article L. 452-3 du Code de la sécurité sociale qui limite les préjudices réparables en cas de faute inexcusable « porte une atteinte disproportionnée aux droits des victimes d'actes fautifs de