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Bulletin Joly Travail

N° 09 - 1 sept. 2021

Religion et travail ou le licenciement de Dieu

1 sept. 2021

Bulletin Joly Travail

  • Réf : BJT sept. 2021, n° 200l8, p. 47 Copier la référence
  • id : BJT200l8 Copier l'id

Auteur(s)

Patrice Adam
Professeur à l'université de Lorraine

Thématique(s)

Auteur(s)

Patrice Adam
Professeur à l'université de Lorraine

La conciliation entre la liberté religieuse (du salarié) et le pouvoir (de l’employeur) est un art délicat et complexe lorsqu’il use des outils qu’offre le contrôle de proportionnalité. À cette complexité, la Cour de justice de l’Union européenne offre un salutaire échappatoire : une exigence de neutralité mise en clause. Un arrêt du 15 juillet 2021 du juge de l’Union revient sur cette mécanique permettant de laisser Dieu à la porte de l’entreprise.

Du ciel à la terre. Si le royaume de Dieu n’est pas sur terre, la Providence se voit parfois dans l’obligation d’y descendre, pour répondre à la convocation des Hommes devant les tribunaux sublunaires, où se disputent leurs passions, leurs intérêts (petits ou grands ; médiocres ou considérables), et à l’occasion, leur déraison, leur folie ou leurs caprices. De cette présence de Dieu dans les prétoires, le droit du travail – mais pas seulement1 – fournit quelques frappantes illustrations2. Nul ne s’en étonnera. L’entreprise est le reflet des convulsions qui secouent une société travaillée par le « retour du religieux » (l’Homme est bien un inlassable « fabricant de Dieu » pour emprunter au Cardinal Lustiger3). Les dieux d’hier redeviendraient ceux d’aujourd’hui. De nouveau, l’Homme regarderait vers le ciel ! Point de « réenchantement du monde »4, seulement un besoin renouvelé de