François Guy TRÉBULLE
Doyen honoraire de l’École de droit de la Sorbonne
On peut débuter cette synthèse d’une manifestation qui s’est tenue en Pologne en citant un illustre polonais : dans son message pour la célébration de la Journée mondiale de la paix de 1990, Jean-Paul II constatait que « Face à la dégradation générale de l’environnement, l’humanité se rend compte désormais que l’on ne peut continuer à utiliser les biens de la terre comme par le passé ». Il observait que « alors que, dans certains cas, les dégâts sont désormais irréversibles, dans bien d’autres cas, ils peuvent encore être contrôlés. C’est donc un devoir pour toute la communauté humaine – pour les individus, les États et les Organisations internationales – de prendre au sérieux leurs responsabilités ». Prendre au sérieux les responsabilités environnementales ! C’est assurément ce à quoi invitent ces journées internationales de l’Association Henri Capitant. Avec Jean-Paul II on peut observer que la pollution ou la destruction de l’environnement peuvent être « le résultat d’une vision réductrice et antinaturelle qui dénote parfois un véritable mépris de l’homme ». On retrouve là l’opposition entre la civilisation, en ce qu’elle est porteuse de considération pour ce qui est fragile, et la volonté de puissance qui ne cherche qu’à se déployer et croître quelles qu’en soient les