Subrogée dans les droits des salariés au titre des avances réalisées pour leurs créances superprivilégiées, l’AGS est investie du superprivilège des salaires et bénéficie ainsi du droit à recevoir un paiement qui, effectué sur les premières rentrées de fonds et hors le classement des créanciers, ne constitue pas un paiement provisionnel pouvant donner lieu à restitution en vue de régler les émoluments du liquidateur.
Cass. com., 5 mars 2025, no 23-23284, F–D
Depuis un peu plus d’un an, la Cour de cassation décide avec constance que le droit au paiement sur premières rentrées de fonds (C. com., art. L. 625-8) n’est pas attaché à la personne des salariés, de telle sorte qu’il se transmet par subrogation à l’AGS avec le superprivilège des salaires (C. trav., art. L. 3253-2 et s. ; C. trav., art. L. 3253-16) et, partant, que cette dernière peut s’en prévaloir pour recevoir un règlement qui, opéré sur les premières rentrées de fonds, ne s’analyse pas en un paiement provisionnel sujet à répétition (Cass. com., 17 janv. 2024, n° 22-19.451, FS-BR : LEDEN févr. 2024, n° DED202c0, obs. F.-X. Lucas). Il en avait été déduit que le liquidateur ne pouvait obtenir restitution d’une partie des sommes versées prioritairement à l’AGS pour lui permettre de percevoir la totalité de ses émoluments (Cass. com., 20 nov. 2024,