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L'ESSENTIEL Droit de la famille et des personnes

N° 04 - 1 avr. 2023

Avec le temps, tout s'en va… Il devient inutile ou coûteux de faire consacrer la vérité biologique !

1 avr. 2023

L'ESSENTIEL Droit de la famille et des personnes

  • Réf : LEFP avril 2023, n° DFP201k7 Copier la référence
  • id : DFP201k7 Copier l'id

Auteur(s)

Annick Batteur
Professeure émérite à l'université de Caen Normandie

Thématique(s)

Auteur(s)

Annick Batteur
Professeure émérite à l'université de Caen Normandie

« (…) ayant retenu que M. et Mme N. avaient sciemment laissé s’appliquer la présomption de paternité qui attribuait à l’enfant une filiation à l’égard de M. [H], [la cour d’appel] a pu en déduire (…) une inertie fautive à l’origine de l’établissement tardif de la vérité concernant la filiation biologique d’[T]. »

Première affaire : Mme F. E. a eu un enfant C. E. en 1956 ; quelques mois avant la naissance, M. T. R. avait spontanément déclaré être son père biologique. La mère a intenté une action en recherche de paternité en 1957, qui a été déclarée irrecevable, et M. T. R. a été condamné à lui payer des subsides. Le fils soutient que ce n’est qu’en 2016 qu’il avait découvert l’identité de son père biologique. Il introduit une action en recherche de paternité en 2019, soit plus de 44 ans après ses 18 ans. L’action est déclarée irrecevable car prescrite (C. civ., art. 321 : délai de 10 ans après la majorité). La Cour de cassation rejette très sèchement le pourvoi formé. Le point de départ de la prescription peut certes être retardé, si l’impossibilité d’agir est retenue par le juge. Mais ce n’est pas le cas en