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Gazette du Palais

N° 28 - 15 sept. 2026

Dissociation, conduites dissociantes et amnésie dissociative

15 sept. 2026

Gazette du Palais

  • Réf : GPL 15 sept. 2026, n° GPL493j5 Copier la référence
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Auteur(s)

Hélène Romano
Docteur en psychopathologie HDR, docteur en droit privé et sciences criminelles

Thématique(s)

Auteur(s)

Hélène Romano
Docteur en psychopathologie HDR, docteur en droit privé et sciences criminelles

Le recours aux notions de dissociation, de conduites dissociantes et d’amnésie dissociative est de plus en plus fréquent dans les procédures relatives aux violences. Souvent confondues, elles recouvrent pourtant des réalités cliniques distinctes dont la compréhension est essentielle à la pratique judiciaire.

Depuis plusieurs années les notions de dissociation, de conduites dissociantes et d’amnésie dissociative sont de plus en plus souvent invoquées dans les procédures judiciaires impliquant des victimes de violences physiques, sexuelles, psychologiques ou intrafamiliales1. Si leur usage est précieux pour comprendre certaines réactions observées chez les victimes au cours de la procédure judiciaire2, il est aussi constaté que ces trois notions restent fréquemment confondues entre elles (y compris dans les expertises et les certificats médicaux). Cet article vise à distinguer ces trois notions, à en préciser les spécificités cliniques et à envisager les implications de leur prise en compte dans la pratique judiciaire des magistrats et des avocats.

I – La dissociation : un état psychique réactionnel

Au quotidien, notre fonctionnement psychique repose sur l’intégration de différents processus tels que la mémoire, la perception de l’environnement, le contrôle des conduites, l’identité et la conscience. Cette organisation permet à chacun de percevoir le monde, de se percevoir lui-même et d’agir de