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Gazette du Palais

N° 32 - 22 sept. 2020

Responsabilité notariale : le préjudice volontairement provoqué par la victime est irréparable ou l'invocation d'un principe inexistant

22 sept. 2020

Gazette du Palais

  • Réf : Gaz. Pal. 22 sept. 2020, n° 387k6, p. 29 Copier la référence
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Auteur(s)

Zoé Jacquemin
Maître de conférences à l'université Sorbonne Paris Nord, membre de l'IRDA, secrétaire générale de Trans Europe Experts

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Auteur(s)

Zoé Jacquemin
Maître de conférences à l'université Sorbonne Paris Nord, membre de l'IRDA, secrétaire générale de Trans Europe Experts

Dans un arrêt inédit rendu le 11 mars 2020, la première chambre civile de la Cour de cassation affirme que « le demandeur à une action en responsabilité ne peut obtenir réparation d’un préjudice qu’il a volontairement provoqué » pour écarter la responsabilité d’un notaire ayant manqué à son obligation de conseil. Un tel principe n’existe pas. Le droit de la responsabilité civile compte différents outils pour reprocher à la victime son comportement – causes exonératoires, lien de causalité, réalité du préjudice allégué – mais le comportement non fautif de la victime, même volontaire, n’en fait pas partie.

Cass. 1re civ., 11 mars 2020, no 18-25994, ECLI:FR:CCASS:2020:C100191, M. C. et a. c/ Société Le Grand Muscat, D (cassation partielle CA Montpellier, 18 oct. 2018), Mme Batut, prés. ; SCP Boré, Salve de Bruneton et Mégret, SCP Rocheteau et Uzan-Sarano, av.

Il serait tentant de laisser dans l’ombre cet arrêt inédit rendu par la première chambre civile de la Cour de cassation le 11 mars 2020, mais la formule qu’il reprend en « chapeau » paraît s’imposer avec une telle évidence, qu’il vaut mieux s’employer à la déconstruire, que l’ignorer. Commençons par les faits. Le propriétaire d’un terrain accepte de le vendre à un promoteur immobilier en vue d’y construire une zone d’aménagement concerté (ZAC). Les