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Gazette du Palais

N° 21 - 9 juin 2020

Crédit à la consommation : le juge doit relever d'office le manquement du prêteur à son obligation de vérifier la solvabilité de l'emprunteur

9 juin 2020

Gazette du Palais

  • Réf : Gaz. Pal. 9 juin 2020, n° 379w6, p. 72 Copier la référence
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Auteur(s)

Antoine Gouëzel
Agrégé des facultés de droit, professeur à l'université de Rennes 1, Centre de droit des affaires

Thématique(s)

Auteur(s)

Antoine Gouëzel
Agrégé des facultés de droit, professeur à l'université de Rennes 1, Centre de droit des affaires

La CJUE poursuit son œuvre d’extension du champ d’application de l’obligation pour le juge de relever d’office la violation de dispositions consuméristes ; elle laisse cependant dans l’ombre la question de sa prescription.

CJUE, 2e ch., 5 mars 2020, no C-679/18, ECLI:EU:C:2020:167, OPR-Finance s. r. o. c/ GK, M. Arabadjiev, prés. ch., Mme Kokott, av. gén. : cette décision est consultable sur https://lext.so/GhcRIe

La législation tchèque prévoit, conformément à la directive (CE) n° 2008/48 du Parlement européen et du Conseil du 23 avril 2008 concernant les contrats de crédit aux consommateurs et abrogeant la directive (CEE) n° 87/102 du Conseil du 22 décembre 1986, que le prêteur doit vérifier la solvabilité de l’emprunteur avant la conclusion du contrat de crédit. En cas de non-respect de cette obligation, la sanction est différente de celle prévue en droit français (les articles L. 312-16 et L. 341-2 du Code de la consommation prévoyant la déchéance du droit aux intérêts), mais particulièrement vigoureuse : « le contrat est nul. Le consommateur peut faire valoir la nullité dans un délai de prescription de trois ans à dater de la conclusion du contrat. Le consommateur est tenu de restituer le principal du crédit à la consommation dans un délai proportionné à ses possibilités ». Un tribunal tchèque a interrogé la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE)