La protection de la vie privée peut céder en présence d’une contribution à un débat d’intérêt général. Il en est ainsi de la révélation, par la presse, de l’existence d’un enfant dont le père est le prince régnant d’une monarchie constitutionnelle héréditaire.
CEDH, gde ch., 10 nov. 2015, no 40454/07, Couderc et Hachette Filipacchi c/ France, M. Spielmann, prés. : Comm. com. électr. 2016, comm. 5, obs. A. Lepage
En mai 2005, alors que le quotidien britannique Daily Mail et l’hebdomadaire allemand Bunte ont, la veille et l’avant-veille, déjà traité du sujet, l’hebdomadaire français Paris Match publie sur neuf pages un long article agrémenté de plusieurs photos au sujet de l’existence d’un fils caché d’Albert II de Monaco, prince régnant de la principauté du même nom.
Dès le lendemain, le prince confirme publiquement par communiqué sa paternité et engage deux procédures contre ceux qui ont révélé l’information : l’une en Allemagne contre Bunte, l’autre en France contre Paris Match.
Il est débouté par la justice allemande, qui estime que la protection de la sphère privée du prince et son droit à l’image s’effacent, dans ce cas, devant le droit du public à être informé. Monaco étant une monarchie héréditaire constitutionnelle, le fait que le prince régnant, célibataire, soit le père d’un garçon pouvant être légitimé