Recherche

PDF Revue
Imprimer
Télécharger
Revue

Gazette du Palais

N° 08 - 23 févr. 2016

Contester un « génocide » en 1915 en Arménie peut relever du débat d'intérêt public

23 févr. 2016

Gazette du Palais

  • Réf : Gaz. Pal. 23 févr. 2016, n° 257y5, p. 39 Copier la référence
  • id : GPL257y5 Copier l'id

Auteur(s)

Philippe Piot
Docteur en droit, chargé d'enseignement au Centre universitaire d'enseignement du journalisme de l'université de Strasbourg (CUEJ), journaliste, IFG

Thématique(s)

Auteur(s)

Philippe Piot
Docteur en droit, chargé d'enseignement au Centre universitaire d'enseignement du journalisme de l'université de Strasbourg (CUEJ), journaliste, IFG

Des propos contestant la qualification de « génocide » pour les massacres survenus en Arménie en 1915 se rapportent à « une question d’intérêt public » qui appelle la protection renforcée de l’article 10 de la Convention européenne des droits de l’Homme dès lors que le contexte permet d’écarter une volonté d’incitation à la haine ou à l’intolérance.

CEDH, gde ch., 15 oct. 2015, no 27510/08, Perinçek c/ Suisse, M. Spielmann, prés.

En 2005, un homme politique turc, Dogu Perinçek, prend la parole à plusieurs reprises en Suisse pour qualifier le génocide arménien de « mensonge international ». Il reconnaît l’existence de massacres en 1915, mais soutient que les exactions ont été réciproques. Il conteste le caractère génocidaire des actes commis par l’Empire turc ottoman à l’encontre des Arméniens.

Les juridictions suisses condamnent M. Perinçek sur le fondement d’un article de leur Code pénal intitulé « Discrimination raciale » qui réprime les propos de celui qui, publiquement, « niera, minimisera ou cherchera à justifier un génocide ou d’autres crimes contre l’humanité ». Les débats judiciaires montrent que le choix du terme « un génocide » plutôt que « le génocide » dans l’article 261 bis du Code pénal suisse a été motivé, pendant les travaux