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Defrénois

N° 20 - 4 juin 2026

Recours personnel de la caution solvens contre ses cofidéjusseurs : opposabilité des seules exceptions privant de tout effet le cautionnement

4 juin 2026

Defrénois

  • Réf : DEF 4 juin 2026, n° DEF231t9 Copier la référence
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Auteur(s)

Séverine Cabrillac
Professeur à l'université de Montpellier, membre du Laboratoire de droit privé (UR_UM207)

Thématique(s)

Auteur(s)

Séverine Cabrillac
Professeur à l'université de Montpellier, membre du Laboratoire de droit privé (UR_UM207)

Statuant sur le recours personnel de la caution solvens contre ses cofidéjusseurs, la première chambre civile a énoncé un critère général de distinction : les cofidéjusseurs ne peuvent opposer que les exceptions « qui ont pour conséquences de priver le contrat de cautionnement de tout effet », critère ensuite appliqué à l’espèce et permettant alors au cofidéjusseur de se prévaloir de la nullité de son engagement, mais pas de la déchéance du droit aux intérêts encourus par le créancier professionnel pour ne pas avoir exécuté à son égard l’obligation d’information annuelle de la caution1.

Le critère énoncé invite à distinguer les exceptions qui atteignent l’existence de l’engagement du cofidéjusseur (nullité, prescription) et celles contestant son ampleur (déchéance du droit aux intérêts, disproportion pour les cautionnements souscrit après l’entrée en vigueur, le 1er janvier 2022, du nouvel article 2300 du Code civil, manquement au devoir de mise en garde, bénéfice de cession d’actions), qui sont ainsi réservés aux rapports du cofidéjusseur avec le créancier garanti (y compris donc au recours subrogatoire de la caution solvens).

La formulation est toutefois légèrement différente, les termes « priver de tout effet » permettant d’inclure dans les exceptions opposables