Cet article a été publié dans le cadre du dossier « - Droit du travail et droit des sociétés : questions d'actualité - » du Bulletin Joly Travail.
Le statut des travailleurs de plateformes est au cœur de multiples controverses contemporaines qui, dans une perspective légale ou jurisprudentielle, intéressent pour l’essentiel le droit du travail. Le droit des sociétés ne pourrait-il pas, en la matière, contribuer à renouveler les termes du débat ? La trop méconnue coopérative d’activité et d’emploi fournit sur ce point quelques idées neuves.
La transformation numérique, engagée depuis plusieurs années, change chaque jour davantage nos usages, nos modes de vie et nos habitudes. Pour le meilleur comme pour le pire. C’est particulièrement vrai dans le domaine des transports où l’arrivée d’Uber en France, en 2013, a tout modifié à tel point que le verbe « ubériser » est passé dans le langage courant. Néologisme servant à désigner la mise en relation directe par application mobile de clients et de fournisseurs de services ou de biens, professionnels ou non, l’uberisation est devenue le symbole d’une époque.
Pourtant, le modèle fait l’objet de nombreuses critiques : « exploitation » des travailleurs de plateformes, agressions sexuelles des clientes, pertes financières abyssales, erreurs de management, entrée en bourse ratée… Aujourd’hui, le